CSE
L'association
Les étudiants les plus précaires ne peuvent plus espérer le secours des structures caritatives (Restos du cœur, Banque alimentaire, etc.) puisque, pour des raisons de respect des règles sanitaires, ces structures ont fermé leurs portes, tant pour protéger leurs bénévoles que pour éviter les rassemblements.
L’aide que le Collectif de Solidarité Etudiante a apporté est une aide en nature, sous la forme de produits alimentaires et de produits d’hygiène. Ils étaient livrés par des bénévoles au pied des résidences universitaires et des logements étudiants, après une prise de rendez-vous avec les étudiants bénéficiaires.
Le Collectif de solidarité étudiante Lyon est une association d’intérêt général, de loi 1901, créée le 17 juin 2020 qui a pour objet de créer et accompagner des actions solidaires pour la communauté étudiante.
La genèse du collectif
À l’initiative de Catherine Fillon et Chrystelle Gazeau, enseignantes en histoire du droit à la faculté de droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3, et avec le concours de diverses associations étudiantes de l’université, un Collectif de Solidarité étudiante s’est constitué en mars 2020.
À l’imitation de ce que des enseignants et étudiants bordelais ont mis en place dès les premiers jours du confinement en mars 2020, il s’agissait dans un tout premier temps de venir en aide aux étudiants qui, pour diverses raisons, n’ont pas pu rejoindre leur famille, se retrouvent seuls pour traverser cette période difficile, et, malheureusement pour certains, se retrouvent aussi dans une précarité matérielle aggravée, puisqu’ils sont privés des petits boulots vitaux qu’ils exerçaient avant le 17 mars dernier.
Histoire
Nos débuts
Une naissance dans la tourmente immobile du confinement…
Le Collectif de solidarité étudiante de Lyon est né à la fin du mois de mars 2020, alors que le pays tout entier venait d’entrer brutalement dans une période de strict confinement.
La mise à l’arrêt de l’activité économique, la fermeture non seulement des restaurants universitaires, mais encore de la plupart des structures associatives d’aide aux personnes en difficulté, le caractère inaccessible, enfin, des épiceries solidaires des universités, elles-mêmes contraintes à une stricte fermeture administrative, nous ont alarmé sur le sort matériel des étudiants lyonnais les plus fragiles économiquement.
Il ne faisait nul doute que pour le grand nombre d’entre eux, qui sont contraints de travailler afin de financer leurs études, la période du confinement allait être très délicate à traverser, parce qu’elle s’apprêtait à exacerber dans des proportions jusqu’alors inconnues les difficultés matérielles auxquelles trop d’étudiants souvent régulièrement confrontés.
Avril 2020 - Mai 2020
— Pendant le premier confinement
Aider les étudiants à faire face à ce besoin primaire – manger – a été le premier but que s’est assigné le CSE-Lyon pendant le confinement. Pour éviter d’imposer aux étudiants des déplacements dont nous ne savions pas dans quelle mesure ils seraient possibles, pour ne pas favoriser non plus les rassemblements de personnes et, avec eux, une potentielle transmission du virus, nous avons choisi d’apporter une aide alimentaire sous la forme de substantiels colis qui ont été remis aux intéressés, après prise de rendez-vous, à l’entrée de leur résidence universitaire ou de leur logement en ville. Grâce aux dons en argent ou en nature très généreux qui nous ont été faits et au partenariat noué à cette occasion avec des producteurs locaux, grâce aussi à l’engagement sans faille de nos bénévoles, ce sont de plus de 1 400 étudiants de Lyon et de son agglomération qui ont pu être épaulés pendant cette période si particulière.
Pour permettre cette distribution de grande ampleur, nous nous sommes organisés en locaux, dispersés dans Lyon et Villeurbanne, tous ayant des secteurs précis à leur charge.
Mai 2020 - Juin 2020
— Après le premier confinement
Au sortir du confinement, l’action alimentaire a pu continuer jusqu’à la fin du mois de juin sous la forme d’une épicerie solidaire temporairement installée aux Halles du Faubourg, avant la fermeture définitive de ces dernières. Mais le Collectif a fait plus. Ayant reçu le renfort spontané de bénévoles, qui sont psychologues ou psychothérapeutes professionnels, il a pu fournir aux étudiants qui le demandaient une écoute précieuse sept jours sur sept et un véritable suivi pour atténuer les multiples angoisses et traumatismes engendrés par cette période. Le Collectif a aussi informé sans relâche les étudiants au sujet des dispositifs d’aide sociale auxquels ils pouvaient prétendre et ses bénévoles ont parfois aidé les étudiants en difficulté (panne d’ordinateur, panne de wifi) à constituer leur dossier administratif.
Juin 2020 - Mai 2021
— Le collectif devient une association
Le CSE Lyon entend tirer les enseignements de cet épisode. Nous l’avions pressenti au moment de notre création et les faits ont confirmé notre intuition initiale : trop d’étudiants sont, à juste titre, obsédés par la nécessité de payer leur loyer et ils lui sacrifient leurs besoins alimentaires. Pour aider les étudiants au quotidien dans le contexte économique morose qui est le nôtre, pour alléger les contraintes pesant sur les petits budgets de chacun, le Collectif espère parvenir à créer une épicerie sociale et solidaire qui leur soit spécialement dédiée. A cette fin, il cherche un local en ville facilement accessible pour permettre un approvisionnement plus souple et plus sûr, libéré des contraintes imposées par les universités qui les hébergent habituellement, alors même que ces dernières, en contexte COVID, restent toujours sous la menace d’une fermeture administrative. Mais le printemps 2020 aura été aussi pour nous la prise de conscience de l’absolu isolement dans lequel les étudiants étrangers à Lyon sont bien souvent plongés. La mobilité internationale des étudiants est certes quasiment inexistante cette année, mais il serait bon qu’une fois tournée la page de l’actuelle épidémie, les étudiants étrangers à Lyon trouvent en arrivant dans notre belle ville universitaire un accueil plus chaleureux, des référents – parrains ou marraines – qui les accompagnent au cours de leur séjour, et qu’ils aient des occasions de tisser des liens humains solides, lesquels faciliteraient aussi bien leur intégration que le succès de leurs études, en même temps qu’ils les prémuniraient contre les risques élevés de mal-être et de dépression que nous avons constatés au plus fort de la crise.
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